Réduisez l’impact carbone de votre site  Faire le test

Comment réduire la pollution numérique en entreprise ?

En entreprise, on ne soupçonne pas toujours l’empreinte environnementale causée par nos activités numériques. Pourtant, selon l’ADEME, le secteur informatique est aujourd’hui responsable d’environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit l’équivalent d’un pays comme le Japon et quatre fois plus que la France (source).
Le secteur informatique consomme également 10% de l'électricité mondiale, selon un rapport de l’ADEME, soit autant que l’avion (TV5 Monde).
Cette pollution numérique n’est cependant pas encore connue des Français et des entreprises : ils sont moins de 30% à en être informés, selon une étude menée par BVA.

graphique titre 'le numérique émet 4 fois plus de CO2 que la France', avec indiqué le CO2 émis par différents pays (inde 6%, russie 4,4%, japon 3,6%, allemagne 2,3%, France 0,9% comparé au numérique (3,8%). Les émissions numériques sont réparties entre Réseau informatique (22%), Centre de données (15%), Utilisateurs (63%).
Source : Statista, GreenIT, Agence Internationale de l’Énergie

D’où provient la pollution numérique ?

La pollution numérique, en partie issue du travail en entreprises, est causée par 3 principaux facteurs.

Le cycle de vie des appareils et équipements

De la fabrication à l’utilisation jusqu’à sa destruction, un ordinateur portable produit environ 170 kg en équivalent CO2, dont 124kg sont produits avant même la première utilisation. Pour un smartphone classique de 5”, les émissions de CO2 sur le cycle de vie sont de 38 kg en équivalent carbone, dont 33 sont libérés juste pour la production et le transport.

Photo d'ouvriers dans une mine transportant des graviers
IMAGE: SANTIAGO URQUIJO/GETTY

Il faut également savoir que la production d’un ordinateur portable de 2 kilos nécessite environ 800 kg de matières premières dont une part non-négociable est liée à l’extraction et l’exploitation de minerais rares et de matières non-renouvelables dont le cobalt, le tantale et le cérium, souvent au prix de conséquences sociales et environnementales dramatiques.

En fin de vie aussi, le matériel informatique souffre d’une mauvaise performance écologique puisque entre 70 et 90 % des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) ne suivent pas les filières de recyclage réglementées au niveau international selon une étude de WWF en collaboration avec GreenIT.

Au-delà des conséquences environnementales liées à la production des smartphones, tablettes et ordinateurs; un autre problème majeur provient de nos habitudes de consommation d’équipements informatiques en entreprise. De nombreuses entreprises renouvellent très (trop?) fréquemment les flottes d’ordinateurs et de smartphones de fonction, ce qui, faute de prévention, vient significativement aggraver l’empreinte environnementale de ces entreprises.

L’infobésité et le stockage de données

Avec le développement et l’adoption massive du cloud en entreprises, celles-ci se sont affranchies des contraintes physiques de l’utilisation de serveurs internes pour le stockage de données.

De façon problématique, les entreprises ont parallèlement développé l’habitude de stocker une quantité de données beaucoup plus grande sur des serveurs distants.

C’est d’ailleurs tout le problème du cloud : le fait de ne pas stocker soi-même ses données ne fait que “déplacer” l’empreinte environnementale vers les immenses data-centers d’entreprises comme Microsoft ou Amazon, extrêmement énergivores et dont les engagements écologiques sont souvent critiquables.

Si le cloud pollue, il reste cependant une technologie très largement diffusée et quasi-obligatoire pour les entreprises à l’heure actuelle : c’est donc davantage au niveau de l’utilisation raisonnée du cloud que les actions sont à mener.

Les échanges et pratiques numériques

La façon dont nous utilisons nos équipements informatiques et les services numériques qui y sont associés contribue également à notre empreinte environnementale.

Dans le quotidien de notre environnement de travail numérique, ce sont notamment les e-mails, l’envoi et la consultation de vidéos et les requêtes serveur (cloud, recherches…) qui génèrent une pollution digitale qu’il est possible de diminuer.

À titre d’exemple, l’envoi d’un seul e-mail avec une pièce-jointe consomme autant d’énergie qu’une ampoule allumée pendant 1 heure, selon Le Figaro.

Dans la suite de ce guide, nous allons découvrir ensemble comment adopter une démarche numérique éco-responsable en entreprise.

Une démarche plus écologique pour vos équipements informatiques

Les équipements informatiques, ordinateurs et smartphones représentent plus de 60% de la pollution numérique en France.

À l’échelle de l’entreprise, il existe pourtant des actions à mener pour en réduire l’impact écologique.

Lutter contre l’obsolescence programmée et modérer le renouvellement du matériel

Sachant que la production et la logistique autour de la fabrication des ordinateurs et des smartphones représentent le plus gros facteur de pollution, une pratique éco-responsable à fort impact consiste simplement à retarder l’échéance de renouvellement des équipements.

En effet, en passant d’un renouvellement du matériel tous les 1 an et demi à tous les 3 ans, vous diminuez déjà de moitié l’empreinte carbone liée à l’approvisionnement en matériel informatique.

Pour beaucoup d’entreprises, changer de téléphone de fonction tous les ans n’a en réalité pas beaucoup d’impact sur la productivité ni sur l’épanouissement professionnel : ce sont les fabricants qui nous ont habitué à des cycles d’innovation annuels qui ont pourtant des conséquences lourdes sur l’environnement.

Il est donc nécessaire d’adopter une réflexion plus profonde sur les réels besoins en matériel informatique de vos employés pour en réduire la fréquence de renouvellement.

Le même raisonnement peut être appliqué aux ordinateurs, tablettes, imprimantes et l’ensemble des équipements bureautiques et informatiques.

En fin de vie, une bonne pratique consiste à faire reconditionner vos appareils électroniques plutôt que de simplement les jeter : vous pourrez en retirer un certain revenu tout en prolongeant le cycle de vie de ces appareils.

D’après une étude menée par Recommerce, l’impact carbone passe de 56 kg eq CO2 pour la fabrication d’un Apple iPhone 7 neuf à 9 kg eq CO2 pour un iPhone 7 reconditionné, soit 84 % de CO2 en moins ! Et l’intérêt des Français est là : 60% des sondés d’une étude menée par l’IFOP déclare envisager l’achat d’un smartphone reconditionné.

Pour une utilisation raisonnée des équipements informatiques

  • S’équiper bien et léger : à l’heure des postes de travail mobiles, préférez les ordinateurs portables ou les tablettes c’est le cas qui consomment de 5 à 15 kWh par an contre 120 à 250 kWh pour un ordinateur fixe selon une étude de l’ADEME.
  • Débranchez les équipements inutilisés : de trop nombreux appareils, machines et écrans restent constamment sous tension tout au long de l’année. Si cela vous est possible, tâchez de les mettre hors tension (et non en veille!) : vous y ferez au passage des économies d’énergie.
  • Reconditionnez les vieux appareils : en réfléchissant à une potentielle deuxième vie. Il est possible de les vendre à une autre entreprise, de les faire reconditionner ou tout simplement d’attribuer des appareils plus vieux à d’autres tâches internes de l’entreprise.

Données, stockage et cloud : comment aborder une approche plus éco-responsable ?

  • Le cloud n’est pas un outil de stockage illimité : on a tendance à l’oublier, mais chaque action sur le cloud génère des allers-retours entre les serveurs du prestataire et votre réseau. De plus, la quantité d’informations sauvegardées sur le cloud est souvent démultipliée pour en assurer la sécurité, ce qui augmente le nombre de serveurs physiques attribués à votre entreprise.
  • Une utilisation plus responsable du cloud : c’est possible, en sensibilisant ses collaborateurs à ne pas stocker d’informations et de fichiers inutiles : ces mêmes documents s’accumulent au fil des années et il est facile d’atteindre des quantités astronomiques de données stockées dans les grandes entreprises.
  • Opter pour un fournisseur de cloud plus écologique : l’empreinte environnementale du cloud dépend également du mix énergétique utilisé par votre fournisseur de cloud. Certaines entreprises, comme Infomaniak, sont réputées pour leurs engagements écologiques grâce à des actions de compensation carbone et l’utilisation de sources d’énergies renouvelables pour alimenter leurs serveurs. D’autres entreprises plus grandes, comme Amazon Web Services, ont démarré il y a quelques années des actions pour compenser leurs impacts écologiques.
  • Le cloud reste une technologie intéressante pour les entreprises : c’est en effet une technologie flexible, rapide et sécurisée qui permet également de dématérialiser les environnements de travail, rendant possible la diminution des déplacements professionnels. Malgré son empreinte écologique, elle ne doit donc pas être abandonnée mais plutôt mieux utilisée.

Disponible dès maintenant

Téléchargez gratuitement le Livre Blanc de la Communication Verte

Réduire la pollution numérique des échanges professionnels et des activités quotidiennes

E-mailing : quel impact écologique ?

L’e-mail est omniprésent dans le milieu professionnel, à tel point que les cadres Français y passaient en moyenne 5 heures par jour en 2015, selon une étude menée par Adobe. Au travail, nous recevons environ 39 e-mails par jour (source), ce qui a également des répercussions sur notre productivité.

L’e-mail a pourtant un impact écologique non négligeable. Selon une étude de l’ADEME, envoyer 33 e-mails de 1 Mo à deux destinataires par jour produit jusqu’à 180kg de CO2 par an, soit l’équivalent d’un trajet Lille-Marseille en voiture.

Un seul envoi d'un email avec une pièce jointe de 1 Mo consomme autant d’énergie qu'une ampoule de 60 Watts allumée pendant 25 minutes.

Il y a donc de bonnes raisons d’utiliser l’e-mailing de façon plus raisonnée.

Les bonnes pratiques écologiques de l’e-mailing :

Pour commencer, vous pouvez limiter le nombre de copies carbone (CC) de vos e-mails : cela évite la distribution d’e-mails qui restent non lus.
Ensuite, il est de bonne pratique de limiter l’envoi de pièces-jointes trop volumineuses et réduire le nombre de chaînes d’e-mail qui peuvent être aisément remplacées par des liens de partage.

Enfin, vous pouvez nettoyer vos boîtes e-mail avec des outils comme CleanFox : chaque e-mail détruit représente une économie d’environ 10g de CO2 par e-mail. Ce sera également l’occasion de vous débarrasser des newsletters que vous ne lisez pas.

Des moteurs de recherche plus écologiques.

Nous sommes tous amenés à effectuer des recherches Google durant nos journées de travail. Il existe cependant une pollution numérique liée aux recherches en ligne : selon Laurent Lefevre, chercheur à l’INRIA, une requête sur un moteur de recherche c’est "une ampoule basse consommation allumée pendant 1 heure”.

Bien évidemment, l’idée n’est pas ici de nous séparer des moteurs de recherche, mais plutôt d’adopter un moteur de recherche écologique qui compense ses émissions carbone ou contribue à une action écologique forte.

C’est notamment le cas de Lilo et de Écosia : le premier permet de contribuer à des projets associatifs et environnementaux de son choix tandis que le deuxième reverse la moitié de ses revenus pour la reforestation.

Comment sensibiliser son entreprise à la pollution numérique ?

Dans cette partie, voyons quels leviers d’actions peuvent être mis en place pour sensibiliser votre entreprise à la pollution numérique.

Organisez des actions de sensibilisation et agissez à l’échelle locale

  • Impliquez les collaborateurs : un projet de réduction de l’empreinte carbone est une initiative solide pour fédérer vos collaborateurs autour d’un projet commun. Pour commencer, vous pouvez décider d’organiser des ateliers de sensibilisation qui permettront d’obtenir une prise de conscience plus large et plus “visuelle” grâce à la présentation de chiffres et de données. Ce sera également le moment de faire prendre conscience des différentes mesures et techniques qui existent pour réduire votre empreinte numérique.
  • Montrer les bénéfices des pratiques éco-responsables : pour cela, vous pouvez insister sur le fait que la pollution numérique fait partie intégrante des champs d’actions de votre politique RSE en montrant que les bénéfices de la sobriété numérique sont nombreux : moins de pollution numérique, moins d’équipements jetés, moins d’énergie consommée, moins d’e-mails reçus, participation à des projets sociaux et environnementaux.
  • (jaune: Faites appel à l’argument économique= : la sobriété numérique est également un levier d’action financier pour les décideurs, car elle permet de réaliser des économies d’énergie tout au long de l’année et de réduire les dépenses liées aux serveurs et équipements informatiques.

Mesurez l’empreinte écologique de vos activités numériques

Pour améliorer vos performances environnementales et diminuer votre consommation en ressources informatiques et numériques, une bonne pratique consiste à faire mesurer l’empreinte carbone de vos activités numériques.

  • Le plus visuel, le mieux : des graphiques et des visuels basées sur vos données permettent de mieux se rendre compte de l’ampleur du phénomène en termes de consommation d’énergie et d’émissions carbone. Ce sont de bons outils pédagogiques qui permettent de sensibiliser les équipes et les décideurs.
  • Des chiffres et des engagements : mesurer l’empreinte de vos activités numériques permet également d’identifier les principaux facteurs de pollution : c’est idéal pour identifier les chantiers sur lesquels votre entreprise pourra s’engager. Il est ensuite préférable de créer des objectifs concrets et cohérents qui pourront être atteints par vos équipes.
  • Des économies à réaliser : selon WWF, Le groupe Solocal qui gère notamment le site pagesjaunes.fr, a réussi à réduire de 15 % ses ressources informatiques entre 2014 et 2015 pour un service équivalent. Cette démarche a permis de réduire l’empreinte environnementale de l’entreprise de 720 tonnes de CO2 : c’est l’équivalent de 6 millions de kilomètres parcourus en voiture et de 18 000 m3 d’eau (l’équivalent de 2 millions de packs de six bouteilles).

Selon la même étude, Pôle emploi a réussi à convaincre 40 % de ses collaborateurs d’éteindre leur ordinateur les soirs et week-ends, ce qui a permis à l’organisation de réaliser une économie de 1,5 million d’euros.

Vous souhaitez en savoir plus ? Découvrez le calculateur carbone de Haploïde et estimez rapidement l’impact écologique de vos campagnes de communication.

Découvrez nos autres articles

  • Le Livre Blanc de la Communication Verte

    L’indispensable guide pour une communication plus écologique Pour tous les communicants, les créatifs et les responsables RSE.

  • Le guide pratique du marketing digital responsable

    L’objectif de ce guide est de vous donner les clés pour faire du marketing responsable sur Internet avec une conscience éthique face à des challenges de société grandissants.

  • Le guide complet de l’éco-branding

    Répondre aux attentes croissantes des consommateurs face à l’environnement est une priorité qui passe par la construction d’une image de marque réellement écologique, que l’on appelle aussi éco-branding.

Évaluez gratuitement l’impact environnemental de votre site web

Entrez l’URL de votre site web et recevez par mail nos recommandations pour réduire votre empreinte carbone

Vous êtes prêt à agir ?

Nous analysons en moyenne chez nos clients
une réduction de 35% de CO2e et une augmentation de 12% de performances