Sources et questions du calculateur carbone C3

Quel est le but du calculateur ?

Nombreuses sont les entreprises qui disent vouloir réduire leur impact sur l’environnement. Mais vouloir réduire sans mesurer, cela ne nous semble pas possible.

Le calculateur carbone de la communication d’Haploïde (dans sa version simplifiée disponible sur notre site) permet d’estimer facilement et rapidement la quantité d’émissions de gaz à effet de serre provenant d’une campagne de communication.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant de la communication (somme des émissions des affiches, du web et du packaging) atteindront 25% des émissions totales en 2025 selon The Shift Project. La communication est donc un levier d’action importante pour réduire son impact environnemental.

Pour commencer, c’est facile : il suffit de mesurer une première campagne et de vouloir faire mieux.

Quelle est la méthodologie de notre calculateur ?

Le calculateur carbone de la communication (C3) s’inspire de la méthodologie du bilan carbone. Ce dernier, pour mesurer l’impact de la production d’un objet, d’un projet ou de toute autre chose, mesure de manière exhaustive la quantité de matière créée, mise en œuvre et détruite, pour en déduire l’impact sur l’environnement. La mesure du bilan carbone est un travail de fourmi et de titan à la fois. Cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Le C3 est spécialisé dans la communication. Sa base de données est plus courte, et certaines actions induites par la création d’une campagne ne sont pas toujours prises en compte. Par exemple, lors de la création d’un catalogue, le C3 calculera les émissions des tonnes de papier utilisées mais pas le déjeuner du manutentionnaire.

Moins précis certes, mais plus rapide, plus simple, plus abordable.

Il ne restitue pas les émissions de chaque matière (l’eau, le CO² rejeté ou le fer utilisé) comme on peut le voir parfois. Il calcule un équivalent : l’équivalent carbone.

Pourquoi calculer en « équivalent carbone » ?

L’équivalent carbone est une unité de mesure commune utilisée pour quantifier des émissions de gaz à effet de serre ; il s’agit d’une mesure simplifiée de l’impact d’une émission.

Le C3 calcule l’impact équivalent des différents gaz à effet de serre, leur pouvoir de réchauffement, leur dangerosité en fonction de leur durée de vie. Il ne s’agit pas d’une mesure directe mais d’une estimation. Le dioxyde de carbone sert d’étalon, de base 1.

Pour mieux comprendre, voici un tableau présentant quelques gaz. Ces informations sont issues du 4ème rapport du GIEC de 2007, le groupe international d'experts sur l’évolution du climat, disponible ici.

Les gaz - 4ème rapport du GIEC de 2007
Gaz Durée de vie
(années)
PRG
selon la période considérée
20 ans 100 ans 500 ans
Dioxyde de carbone (CO2) > 500 1 1 1
Méthane (CH4) 12 72 25 7.6
Oxyde nitreux (N2O) 114 289 298 153
Tétrafluorure de carbone, (CF4, PFC-14) 50000 5210 7390 11200

SI le dioxyde de carbone a un PRG (pouvoir de réchauffement) de 1, c’est parce qu’il est l’élément de référence du classement de tous les autres. Le méthane, par exemple, est 72 fois plus dangereux à horizon 20 ans et 25 fois plus dangereux à 100 ans. La méthodologie Haploïde choisit toujours la période 100 ans pour calculer la dangerosité d’une émission car c’est la mesure la plus couramment utilisée.

Le carbone, la vie.

Oui on parle de carbone, de dioxyde de carbone… mais attention, le carbone n’est pas le souci en soi. Tout ce qui vit ou a vécu est fait de carbone. Notre ADN, c’est du carbone, les arbres : c’est du carbone, les animaux, les végétaux, le pétrole et ses dérivés, la mine de votre crayon ou le diamant porté en bague : c’est du carbone.

Et mieux encore : le progrès, basé sur la combustion et l’énergie qui s’en dégage, c’est du carbone. Toute la chimie organique étudie l’agencement et la place du carbone. Il a même sa place dans le domaine de la santé. Le problème du carbone est un faux problème. C’est en réalité le problème des gaz à effet de serre tout entier. C’est à ce moment qu’il faut bien faire la différence entre carbone et équivalent carbone. Le carbone est un symbole, pas un problème.

L’équivalent carbone est un outil de mesure.

Mais alors, décarboner est une fausse bonne idée ?

Oui, et non. Enlever toute trace de dioxyde de carbone dans sa production c’est impossible d’une part, et inutile de l’autre. Réduire les émissions de gaz à effet de serre dans leur ensemble, c’est mieux. C’est encore une fois la raison pour laquelle on préfèrera parler d’équivalent carbone dans les résultats techniques, plutôt que de carbone. Prenons un produit au hasard et imaginons qu’il émet, lors de sa vie (production, utilisation, destruction) 1 000 g de dioxyde de carbone, 10 g de protoxyde d’azote (appelé également oxyde nitreux, présent dans les cartouches des siphons de cuisine) et 1 g d’hexafluorure de soufre (utilisé comme agent de contraste lors d’échographie cardiaque ou comme isolant électrique haute tension par exemple).

Les pourcentages des différentes matières utilisés sont donc de :

Dioxyde de carbone : 98,9 %
Protoxyde d’azote : 1%
Hexafluorure de soufre : 0,1 %

Vouloir réduire la dose de dioxyde de carbone semble être une bonne idée à première vue. Mais regardons de plus près.
Les pouvoirs de réchauffement (la capacité qu’on ces gaz à retenir les rayonnements solaires une fois dans l’atmosphère) sont respectivement de :

Dioxyde de carbone : 1
Protoxyde d’azote : 298
Hexafluorure de soufre : 22 800

On peut donc conclure que les émissions de ce produit seront de :

Dioxyde de carbone : 1 x 1,000 kg = 1,000
Protoxyde d’azote : 298 x 0,010 kg = 2,980
Hexafluorure de soufre : 22 800 x 0,001 kg = 22,800
Somme des émissions : 1,000 + 2,980 + 22,800 = 26,780 équivalent carbone.

On voit clairement avec cet exemple que décarboner au sens strict (c’est-à-dire supprimer tout ce qui touche au dioxyde de carbone) est inutile puisque ce gaz à effet de serre ne pollue qu’à hauteur de 4%, bien que son poids représente 98,9% du poids total du produit.

La bonne idée ici, serait plutôt de chercher à remplacer l’hexafluorure de soufre dont le gramme utilisé (soit 0,1% du poids total) compte pour 85% des émissions du produit.

Chez Haploïde, nous avons choisi de parler en équivalent carbone afin de prendre en compte un maximum de gaz à effet de serre. Si nous parlons de « bas carbone » c’est tout simplement pour parler du carbone comme symbole, plus que comme élément chimique. Nos calculs sont eux basé sur l’équivalence carbone, plus juste à nos yeux. De plus, il est plus facile de trouver des informations sur le pouvoir de réchauffement des différentes matières mises en œuvre dans les actions de communication en équivalent carbone : comme dans toutes les mesures, la source de l’information est une question primordiale.

Quelles sont nos sources ?

Les sources d’information sur les impacts environnementaux sont nombreuses mais hétérogènes : c’est le principal souci. Si vous recherchez 10 fois l’impact d’un kilomètre parcouru en voiture, vous trouverez 10 résultats différents, parce que nombreux sont ceux à choisir les informations prises en compte dans le calcul (le constructeur, les associations de protection de l’environnement, les groupements d’automobilistes, l’Etat, les chercheurs, etc.).

Il est donc nécessaire d’avoir le moins de sources possible, mais des sources sérieuses et riches. Ainsi, nous avons choisi de faire confiance à l’ADEME pour la quasi-totalité des données qui nous servent à calculer l’impact environnemental des actions de communication.

Cependant, tout n’est pas sur l’ADEME. L’ADEME est l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Elle possède une base de données qui regorge d’informations concernant les émissions de gaz à effet de serre, mais rien sur des données plus pratiques comme la distance entre Pékin et Paris (nous en avons besoin pour calculer les émissions dues au transport des impressions par exemple).

Notre méthode de data sourcing est donc simple : nous nous appuyons sur l’ADEME pour tout ce qui touche à l’équivalence carbone, et sur le web tout entier pour le reste.

Et lorsque l’information est introuvable, nous contactons des spécialistes pour la créer.

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